Maman d'ados

Publié le par Picou

Depuis le temps que je parle moins d'elles ici, mes filles ont bien grandi...
 
Avec le temps, on est entrés dans l'adolescence - une nouvelle étape de ma maternité que je suis encore en train d'appréhender! Tout en douceur, heureusement ; mes aînées ne sont pas (encore?) en rébellion, et nous épargnent, au moins pour le moment, la plupart des clichés liés à cette période difficile.
 
Pour l'instant, chez nous, ça ne change pas drastiquement les choses  - en tant que parents, on continue à tenir le même cap, à suivre les mêmes valeurs, à faire attention aux mêmes écueils.
 
Mais on voit apparaître de nouvelles problématiques, et on fait pivoter peu à peu notre approche, ainsi que la vision que l'on a de nos filles. On découvre, on s'adapte, on tâtonne au fil de l'eau ; et j'écris moins sur ce sujet, car je ne trouve plus toujours d'universalité dans les situations auxquelles je suis désormais confrontée
 
Avec des enfants qui grandissent, on doit surtout, en tant que parent, accepter de lâcher les rênes, pour suivre le mouvement...
Celui qu'initient nos enfants, avec leurs caractères, leurs sensibilités, et leur environnement - qui leur sont propres, bien qu'encore en construction. 
 
Si tant est qu'elles aient jamais marché (spoiler : non), les recettes toutes faites ne sont alors plus d'aucune utilité. Ados, nos enfants deviennent peu à peu des personnes à part entières, fines et complexes, qu'on ne peut plus résumer à un modèle général.
 
Il faut faire l'effort de les observer, de les comprendre, et de les aider à se trouver, en même temps qu'on les trouve nous-mêmes. Car on les voit soudain sous un jour nouveau, avec une acuité et un recul qu'eux n'ont pas encore, faute de maturité. 

Il nous revient de leur ouvrir les yeux, en les aidant à poser sur eux-mêmes un regard juste et bienveillant. Pas toujours facile, selon ce qu'ils sont, ce qu'ils traversent, et leur façon de l'appréhender...
 
L'adolescence est une période fondatrice et difficile pour tout le monde ; mais tout le monde n'aura pas les mêmes difficultés à l'affronter. 
 
L'éducation n'est plus qu'une histoire de règles et d'éventuelles punitions ;  mais devient un échange constant et mouvant sur des valeurs de fond.
Maintenant, nous ne sommes plus seuls à tenir la barre : il faut aussi lutter contre la société, contre les autres, et souvent contre nos enfants eux-mêmes. 
 
L'éducation prend un tour moins binaire, quand on n'est plus seuls dans le coup... Désormais, on n'est plus témoins de tout, et plus maîtres du tout.
 
Il faut fixer des règles, en même temps que leur donner la liberté ; leur offrir les clés pour comprendre le monde, sans les influencer ; cadrer leurs expériences, en leur laissant le champ pour prendre des risques et se chercher. Faire sentir que l'on sait, mais sans l'imposer. Vaste projet.
 
D'un coup, on monte encore en responsabilité - car on touche désormais du doigt ce que nos choix précédents vont concrètement donner.
 
Aura-t-on réussi à ancrer nos valeurs assez profondément? Nos enfants auront-ils en eux suffisamment de ressources? Sauront-ils, d'eux-mêmes, prendre les bonnes décisions, et tirer les bonnes leçons?
 
De nouvelles problématiques émergent, sur lesquelles il devient plus difficile de "trancher" de façon nette (l'utilisation des smartphones, l'accès aux réseaux sociaux, les premières sorties, la puberté et les premières règles, la tenue vestimentaire, l'autonomie scolaire, le rapport à l'information...)
 
Les nuances deviennent plus que jamais indispensables, pour trouver un compromis entre nos propres souhaits, ceux de nos enfants, et les exigences d'une société aujourd'hui compliquée.
 
Camper fermement sur ses pieds, mais sans rester butés face aux idées de nos ados, ou aux évolutions de la société. Et savoir se faire entendre, sans donner l'impression que notre vérité soit la seule qui vaille d'être écoutée.
 
Du sur-mesure, dont on construit patiemment la dentelle, en dénouant inlassablement les fils - même quand ils semblent incroyablement emmêlés. 
Cette difficulté fait justement la richesse de cette étape particulière de la parentalité!
 
Parce qu'elle impose de s'intéresser profondément à nos enfants, à qui ils sont vraiment, sortis de nos propres projections ; à comprendre leur environnement, à s'imprégner de ce qu'ils vivent, de ce qu'ils ressentent, de ce qu'ils attendent.
 
On voit enfin les graines qu'on a semées sortir de terre, et devenir de jeunes pousses - encore fragiles, mais pleines de vie et de promesses
 
Désormais ils ont eux aussi un vrai rôle à jouer : l'éducation devient un véritable échange, aussi stimulant que frustrant parfois, et souvent déstabilisant. Parce qu'il faut bien reconnaître que dans leurs inévitables râleries, dans leurs revendications et dans leurs questionnements sur la vie, il y a aussi beaucoup de vrai, et de choses qu'on a oubliées...
 
De quoi renverser notre perspective, bousculer nos certitudes, et nous remettre en question. Pour en ressortir, nous aussi, un peu plus grands
 

Bref - je suis maman d'ados maintenant. Et c'est différent... mais passionnant.

 

 
 

Publié dans Maternité-grossesse

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E
C'est tellement vrai ! Je suis dans ce même cas de figure. L'ado a son propre jugement. Ce qui ajoute une dimension supplémentaire à l'éducation. Ce n'est pas juste une transmission de choses, c'est un échange de point de vue. Et le vainqueur n'est pas toujours celui qu'on croit. Merci pour votre article. Ça me rassure sur plusieurs points. Il reflète exactement toutes les pensées et difficultés liées à l'éducation d'un ados. Et bon courage pour les suivantes car la société évolue tellement vite qu'on ne peut plus faire de généralités sur nos enfants.
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P
Je crois que tout est histoire d'adaptation mutuelle... Et notre meilleure arme, dans tous les cas, reste le dialogue. Pas toujours facile, mais tendre une perche, c'est s'assurer qu'elle puisse être attrapée si besoin!